Le cinéma du Grand Maghreb
- Pays
- Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Mauritanie
De la Palme d'or algérienne aux pionniers mauritaniens de rang mondial : les cinémas de cinq pays qui écrivent mémoire et identité avec de petits budgets et une grande ambition.
Les cinémas du Grand Maghreb sont nés avec les indépendances et en ont porté les questions. L'Algérie ouvrit par la mémoire de la guerre : « La Bataille d'Alger » (1966), qu'elle produisit et qui entra dans l'histoire mondiale du cinéma, puis le sacre de « Chronique des années de braise » de Mohammed Lakhdar-Hamina — Palme d'or à Cannes en 1975, la seule du monde arabe et d'Afrique à ce jour.
La Tunisie bâtit les institutions et les talents : les Journées cinématographiques de Carthage (1966) d'abord, puis une vague créative de rayonnement mondial — « Halfaouine » de Férid Boughedir (1990), « Les Silences du palais » de Moufida Tlatli (1994). Le Maroc s'est imposé depuis les années 1990 comme l'un des cinémas les plus actifs du continent (la génération Nabil Ayouch et au-delà). La Libye produisit la fresque « Le Lion du désert » (1981). Et la Mauritanie donna deux pionniers de rang mondial : Med Hondo (« Soleil Ô », 1970) et Abderrahmane Sissako, nommé aux Oscars avec « Timbuktu » (2014).
Leur dénominateur commun : un cinéma d'auteurs qui interroge mémoire et société, et dont publics et critiques se retrouvent chaque saison à Carthage, Marrakech ou Oran — un réseau de festivals devenu lui-même une institution maghrébine.
Sources
- Férid Boughedir — Le cinéma africain de A à Z، OCIC (1987)
- Roy Armes — Postcolonial Images: Studies in North African Film، Indiana University Press (2005)