Encyclopédie
Des fiches sourcées sur l'histoire, les grandes figures et la culture du Grand Maghreb.
Histoire
Premier État islamique indépendant du Maghreb extrême, fondé par Idris Ier en 788 après sa fuite de la répression abbasside ; son fils Idris II acheva la fondation de Fès, qui devint une grande cité savante.
Après la dislocation de l'empire almohade, trois États berbéro-arabes héritèrent du Maghreb et fixèrent des frontières durables : les Hafsides à Tunis, les Zianides à Tlemcen, les Mérinides à Fès.
Premier grand royaume amazigh unifié de l'histoire, né en Afrique du Nord au IIIe siècle av. J.-C. et porté à son apogée par le roi Massinissa depuis sa capitale Cirta.
Fondée par Uqba ibn Nafi en 670, Kairouan fut la base de la conquête musulmane du Maghreb, première grande métropole islamique de la région et foyer de rayonnement savant pendant des siècles.
Le seul État de l'histoire à avoir unifié tous les pays du Grand Maghreb et al-Andalus sous une même bannière (1121–1269), à partir de la prédication d'Ibn Toumert dans l'Atlas.
Huit siècles d'histoire commune ont relié les deux rives du détroit de Gibraltar : conquêtes, migrations, sciences et arts, puis un exil andalou qui a changé le visage des villes maghrébines.
Entre 1830 et 1912, tout le Grand Maghreb passa sous domination européenne : la France en Algérie, en Tunisie, au Maroc et en Mauritanie, l'Italie en Libye, l'Espagne dans le nord marocain.
Une décennie a changé la carte : Libye 1951, Tunisie et Maroc 1956, Mauritanie 1960, puis l'Algérie en 1962, au terme de l'une des plus âpres guerres de libération du XXe siècle.
Cité et puissance historique fondée par les Phéniciens sur le golfe de Tunis vers 814 av. J.-C., devenue une grande puissance maritime de la Méditerranée occidentale avant de tomber face à Rome en 146 av. J.-C.
Mouvement réformateur et grand État né au XIe siècle depuis le Sahara mauritanien, qui unifia une large partie du Maghreb occidental et d'al-Andalus et fonda la ville de Marrakech.
Personnalités
Chef du mouvement national tunisien et premier président de la République (1957-1987), associé au Code du statut personnel et à de vastes réformes modernisatrices, ainsi qu'à trois décennies de régime à parti unique.
Romancier et dramaturge algérien (1929-1989), arrêté adolescent lors des massacres de mai 1945, auteur de « Nedjma », devenu l'un des romans majeurs de la littérature maghrébine moderne.
Écrivain et poète marocain né à Fès en 1944, premier auteur maghrébin et arabe à recevoir le prestigieux prix Goncourt en 1987 pour « La Nuit sacrée ».
Diplomate et voyageur né à Grenade et élevé à Fès, capturé par des corsaires et offert au pape, converti temporairement au christianisme, il laissa la « Description de l'Afrique », référence européenne majeure sur le continent pendant des siècles.
Géographe né à Ceuta en 1100, il dressa à la cour du roi normand de Sicile Roger II la carte du monde la plus précise du Moyen Âge, croisant les savoirs arabes, grecs et les récits de voyageurs.
Philosophe et théologien né à Thagaste (Souk Ahras, Algérie) en 354, l'un des penseurs les plus influents de toute la pensée occidentale — et un fils de cette terre maghrébine.
Le voyageur de Tanger qui parcourut le monde ancien du Maghreb à la Chine en près de trente ans, laissant dans sa « Rihla » le plus grand document de voyage du Moyen Âge.
Chef de la résistance algérienne et bâtisseur du premier État moderne face à l'occupation, puis soufi humaniste qui protégea les chrétiens de Damas — l'une des plus nobles figures du XIXe siècle.
Sociologue marocaine (1940–2015), l'une des grandes voix féministes du monde musulman, alliant rigueur académique et art du récit, couronnée par les plus hautes distinctions internationales.
Romancière, cinéaste et académicienne algérienne (1936–2015), première personnalité du Grand Maghreb élue à l'Académie française, elle a consacré son œuvre à la mémoire des femmes, de la guerre et de la colonisation.
Historien et penseur né à Tunis en 1332, considéré comme le fondateur de la sociologie avec sa célèbre Muqaddima, il servit les cours du Grand Maghreb, d'al-Andalus et d'Égypte.
Culture
Vaste plateau désertique du sud-est algérien abritant des milliers de peintures et gravures rupestres s'étendant sur des millénaires, documentant la transformation du Sahara d'une savane fertile en désert aride.
Quatre sites archéologiques exceptionnellement préservés témoignant de la profonde strate romaine de l'histoire régionale : Volubilis au Maroc, Djémila et Timgad en Algérie, Leptis Magna en Libye.
Cœur battant de Marrakech depuis sa fondation almoravide, place populaire réunissant conteurs, musiciens et marchands, premier site au monde proclamé par l'UNESCO chef-d'œuvre du patrimoine oral en 2001.
L'héritage des noubas né à Cordoue et passé par-delà la mer avec les exilés, devenu l'art classique le plus raffiné du Grand Maghreb : al-Âla, gharnati, sanâa et malouf.
Le chant des marges oranaises qui a dit l'indicible, devenu la musique maghrébine la plus célèbre au monde — et, depuis 2022, patrimoine de l'humanité à l'UNESCO.
Héritage spirituel et musical des descendants d'Afrique subsaharienne : la lila de transe au guembri et aux qraqeb — patrimoine de l'humanité à l'UNESCO depuis 2019.
Plat fédérateur des tables du Grand Maghreb et l'un des grands symboles de sa cuisine, inscrit en 2020 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO grâce à un dossier commun historique de quatre pays maghrébins.
Une seule langue architecturale pour l'Occident musulman : arc outrepassé, minaret carré, zellige et plâtre sculpté — de Cordoue à Chinguetti.
De la Palme d'or algérienne aux pionniers mauritaniens de rang mondial : les cinémas de cinq pays qui écrivent mémoire et identité avec de petits budgets et une grande ambition.