Al-Andalus et le Grand Maghreb
- Pays
- Maroc, Algérie, Tunisie
- Période
- 711 – 1614
Huit siècles d'histoire commune ont relié les deux rives du détroit de Gibraltar : conquêtes, migrations, sciences et arts, puis un exil andalou qui a changé le visage des villes maghrébines.
Depuis la traversée du détroit par Tariq ibn Ziyad en 711, al-Andalus et le Grand Maghreb formèrent un seul espace, aux lignées, aux savoirs et aux marchés entremêlés. Les États maghrébins gouvernèrent al-Andalus à leur apogée — Almoravides puis Almohades — tandis qu'étudiants, marchands et artisans traversaient dans les deux sens, comme on franchit un fleuve plutôt qu'une mer.
Les métropoles des deux rives formaient un même réseau : Cordoue, Séville et Grenade dialoguaient avec Fès, Tlemcen, Béjaïa et Tunis. C'est de Tlemcen qu'était issu al-Maqqari, auteur du « Nafh al-Tib », la plus célèbre encyclopédie de la mémoire andalouse — preuve que la garde de cet héritage était devenue une affaire maghrébine.
Après la chute de Grenade en 1492, puis le grand décret d'expulsion (1609–1614), des centaines de milliers d'Andalous et de Morisques se réfugièrent au Grand Maghreb et firent revivre des villes entières : Tétouan, Rabat, Salé et Chefchaouen à l'ouest, Cherchell et Blida au centre, Testour, Soliman et Tunis à l'est. Leur empreinte demeure vivante dans l'architecture, la musique, la cuisine et les noms de famille.
Sources
- المقّري التلمساني — نفح الطيب من غصن الأندلس الرطيب
- Charles-André Julien — Histoire de l'Afrique du Nord، Payot (1951)